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Musique de Sear Lui Même ( L'or Noir)

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Samedi 5 février 2005

On s’noie dans une rivière d’insatisfaction

Action mortuaire dans l’sanc tuaire du mal

Pour finir sur une civière

Il prend celui d’ton meilleur ami et quand il te l’a mis profond

Il s’confond dans l’paysage

Pour mon texte, accord parental souhaité,

Doté d’mental tu dresseras pas la bête sans la fouetter

Même si t’as raison et même si t’as tort

Si tu fais pas corps

Rien ne sert d’avoir la marteau d’Odin si t’es pas Thor

J’peux t’assurer ici des secs, des mates

Y’a des verts, des gris

Des gars aigris

Comme eux, j’ai pris échec et mat

Mais j’monte les échelons

Pas à pas, et debout garçon

S’il y a un hameçon au bout

J’t’assures moi j’serai pas l’appât

Ici, c’est pas les contes de Grimm

Tout se deale, grammes par grammes

On draine le drame, c’est pas une Dreamcast la came

Gosse illettré, flingues millimétrés

Qu’a jamais vu la mer qui fait le tour d’la tess pour être kilométré

Faut faire vite, perds pas l’nord pas

D’temps, ni d’connard

Qui vienne me dire, fils, qu’un pit ne mord pas

Corps calcinés

D’l’intérieurs, brûlés

Alors, quand on me dit que tout finit bien, moi, j’supporte pas l’ciné

D’mande à Ahmed, c’est toujours la même

Evite de dire amen, à moins qu’t’es une lame quand tu t’la ramènes

Textes au centimètre

Sentinelle dans l’boulot, avancer ! Eh, fils, tu n’nous rattraperas pas sans t’y mettre

Une vie d’épreuves sur un lit d’épaves

S’éloigne d’la rive lorsqu’on vend leur pav’

J’ai pas qu’mes yeux pour pleurer

J’ai une bouche à ouvrir et un cerveau dont j’me sers pour t’leurrer

 

LA RUE NOUS A LAISSE COMME HERITAGE

QU’NOS YEUX POUR PLEURER

REGARDE LA PISSE DANS NOS ETAGES

FILS, TU S’RAS ECOEURE

LES P’TITS FRERES JOUENT DANS LES HALLS

AVEC DES PIQURES USAGEES

POUR NOUS SORTIR DE LA

QU’EST CE TU VAS ENVISAGER

La rue a voulu m’avoir mais j’lui ai mis une esquive

Le pire, c’est que j’profite de ses bizs de manière exquise

J’lui esquisse un sourire

J’veux bien m’y nourrir

Car j’l’estime mais pas y mourir, donc j’reste sur ma presqu’île

J’lui laisse son héritage et tout ce qu’il comporte

On a déjà assez d’mal avec les croix qu’on porte

Qu’on sorte de cette sère-mi ternie, car c’est la seule amie qui nous réconforte

Faut qu’l’on suscite l’attention, soit la fierté d’nos p’tits frères

Pour les inciter à la réussite

J’veux pas qu’on m’taille comme Bernard Tapie

Eh, papy ! si t’es pas happy, écoutes c’qu’on fait, c’est une thérapie !

La rue, c’est une arme à double tranchant

Faut pas la prendre sans gants sinon tu succombes à ses penchants

Et franchement les emmerdeurs, c’est les poulets

On a envie d’les shooter

Quand ils nous poussent dans nos retranchements

Mais bon, on fait avec car on aime les bêtes

Dans l’quartier, c’est chacun pour soi, donc c’est toi qui éponges tes dettes

Et si tu vien dans ma rue couz’, amène pas ta sista

Sur ce, sur ce son made in Sarcelles, bien hasta la vista

                                                                                                     Qui a dit que les rappeurs n’étaient pas des auteurs ?

Par Doualla Roudoolph - Publié dans : textes
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